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Articles de presse

Marcel Martinet (1887-1944)


Marcel Martinet est né le 22 août 1887 à Dijon dans le département de la Côte-d’Or. Son père, autodidacte et franc-maçon, est préparateur en pharmacie, tandis que sa mère est institutrice et directrice d’école. Il passe son enfance et son adolescence à Dijon.


En octobre 1905, il est interne au lycée Louis-le-Grand à Paris où il entre en « khâgne ». Brillant élève, Marcel Martinet est admis en 1907 à l'École Normale Supérieure de la rue d' Ulm. A la sortie de cette école, il n’est pas tenté par le professorat et renonce à passer l’agrégation. Il entre dans la vie active en obtenant sur titre et sans concours un poste de rédacteur à l’Hôtel de ville de Paris où il rencontre Louis Pergaud qui travaille au service des beaux-arts de la ville de Paris.


Dès les premiers jours d'août 1914, alors que les dirigeants du Parti socialiste français se rallient à la politique d'union sacrée et de défense nationale, Marcel Martinet rejoint les membres du groupe de La Vie ouvrière qui n'ont pas encore été mobilisés et qui cherchent, dans le plus grand désarroi, à rassembler les rares militants restés fidèles à l'idée de paix. Il est, quant à lui, exempté du service militaire pour raison de santé.


Le 24 octobre 1914, il écrit sa première lettre à Romain Rolland. Ce sera le début d’une longue correspondance. Romain Rolland s’est élevé avec énergie contre la guerre dès septembre 1914 avec son célèbre manifeste pacifiste Au-dessus de la mêlée.


A cette époque, Paris est le refuge de nombreux socialistes russes en exil. C'est ainsi que Marcel Martinet rencontre un homme dont le destin historique sera exceptionnel : Léon Trotsky.


Déjà, Marcel Martinet est connu et surveillé comme pacifiste par la police. Il est en butte aux sanctions administratives. Ses poèmes " les Temps maudits " sont publiés en Suisse mais interdits en France. Toujours en février 1917, éclate la révolution russe. Marcel Martinet est de ceux qui l’accueillent avec espoir et la saluent comme promesse d'un âge nouveau de paix et de fraternité.


En 1920, lors du congrès de Tours, les deux tiers des délégués de la S.F.I.O. votent pour l’adhésion de leur parti à l’Internationale communiste, c’est la création du Parti communiste français. Le journal L’Humanité suit le mouvement et devient l’organe officiel du nouveau parti. Marcel Martinet adhère au nouveau parti communiste. Dès 1921, il se voit appeler à la direction littéraire de L'Humanité. A partir de cette date, il anime les pages littéraires et artistiques du journal.


En novembre 1919, le Prix Goncourt est attribué à Marcel Proust pour son livre A l’ombre des jeunes filles en fleurs. Dans la sélection retenue par le jury, il y avait La maison à l’abri de Marcel Martinet.


En réponse aux violentes manifestations fascistes du 6 février 1934, devant l’Assemblée nationale, André Breton lance un Appel à la lutte à destination de toutes les organisations de gauche. A cette occasion, il se rend chez Marcel Martinet qui lui donne sa signature. Cet appel est une des premières initiatives pour créer un front uni contre le fascisme.


En 1938, Martinet s’installe à Saumur où il suit sa femme Renée, qui est professeur de lettres et qui vient d’obtenir un poste d’enseignant au collège de jeunes filles. Il entreprend l’écriture un roman un peu autobiographique Le Solitaire, son dernier livre qui paraît seulement en 1946.


Il s’éteint le vendredi 18 février 1944, à l’âge de 56 ans d’une congestion pulmonaire. Beaucoup de ses amis parisiens ne peuvent pas assister à ses obsèques car la guerre n’est pas terminée.


Ceci est un résumé d'un article plus complet paru dans le bulletin n° 166 de la Société des Lettres, Sciences & Arts du Saumurois


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  • Bulletin n° 166, mars 2017
  • Article de la page 67 à la page 76
  • Prix : 10 €